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L’hypothyroïdie peut-elle augmenter le risque d’infarctus, d’insuffisance cardiaque ou de troubles du rythme ? Une TSH normale suffit-elle à protéger notre cœur ? Et qu’en est-il des personnes vivant sans thyroïde après une opération ?
Ces questions concernent des millions de personnes traitées pour une hypothyroïdie. Elles prennent une importance particulière à la lumière des nouvelles études scientifiques publiées en 2025 et 2026.
Pendant longtemps, l’hypothyroïdie a surtout été associée à la fatigue, à la prise de poids, au ralentissement du métabolisme ou aux difficultés de concentration. Pourtant, les hormones thyroïdiennes interviennent également dans le fonctionnement du système cardiovasculaire.
Elles participent notamment à la régulation du rythme cardiaque, de la contraction du muscle cardiaque, de la pression artérielle et du métabolisme du cholestérol.
Une nouvelle méta-analyse publiée en août 2026 apporte un éclairage important : l’hypothyroïdie pourrait être associée davantage à la gravité et au pronostic des maladies cardiovasculaires qu’à leur apparition elle-même dans certaines populations étudiées.
Ces résultats invitent à regarder l’équilibre thyroïdien autrement, notamment chez les patients sous lévothyroxine et ceux ayant subi une thyroïdectomie totale.
Décryptage des connaissances scientifiques actuelles.
1. Quel est le lien entre la thyroïde et le fonctionnement du cœur ?
La thyroïde produit principalement deux hormones :
- La T4 (thyroxine), qui constitue la principale hormone sécrétée par la glande.
- La T3 (triiodothyronine), l’hormone biologiquement la plus active sur de nombreux tissus.
Une partie importante de la T3 est produite dans les organes à partir de la T4.
Le cœur possède des récepteurs aux hormones thyroïdiennes. Il est donc directement sensible aux variations de leur disponibilité.
Lorsque les hormones thyroïdiennes sont insuffisantes
Plusieurs modifications peuvent apparaître :
Un ralentissement du rythme cardiaque
L’hypothyroïdie peut entraîner une diminution de la fréquence cardiaque, appelée bradycardie. Dans les formes importantes, le cœur peut battre moins rapidement et se contracter moins efficacement.
Une augmentation des résistances vasculaires
Les vaisseaux sanguins peuvent devenir moins souples, obligeant le cœur à fournir davantage d’efforts pour faire circuler le sang.
Ce phénomène peut notamment favoriser une augmentation de la pression artérielle diastolique.
Une perturbation du cholestérol
L’hypothyroïdie peut entraîner une augmentation du LDL-cholestérol, souvent appelé « mauvais cholestérol ».
Cette modification constitue un facteur de risque reconnu de l’athérosclérose, caractérisée par l’accumulation de plaques dans les artères.
Une altération du fonctionnement cardiaque
Dans les formes sévères ou prolongées, une hypothyroïdie peut affecter la relaxation du muscle cardiaque, sa contractilité et les capacités d’adaptation du cœur à l’effort.
Toutefois, ces conséquences ne surviennent pas systématiquement et leur importance dépend notamment de la sévérité du déficit hormonal.
2. Étude majeure de 2026 : l’hypothyroïdie est associée à une mortalité cardiovasculaire plus élevée
Une méta-analyse publiée le 15 août 2026 dans la revue scientifique Endocrine s’est intéressée à une question essentielle :
L’hypothyroïdie augmente-t-elle le risque de développer une maladie cardiovasculaire, ou influence-t-elle surtout les conséquences de cette maladie lorsqu’elle est déjà présente ?
Les chercheurs Elisa Gatta et ses collaborateurs ont regroupé les données de :
- 9 études scientifiques ;
- 9 662 participants ;
- études publiées entre janvier 2014 et avril 2026.
Ils ont distingué les nouveaux événements cardiovasculaires de la mortalité cardiovasculaire.
Premier résultat : pas d’augmentation statistiquement démontrée des nouveaux événements
L’analyse de six études, réunissant 5 795 participants, n’a pas retrouvé d’association statistiquement significative entre l’hypothyroïdie et la survenue de nouveaux événements cardiovasculaires.
Le résultat statistique était un odds ratio (OR) de 0,92, avec un intervalle de confiance à 95 % compris entre 0,78 et 1,09.
Cela ne signifie pas que l’hypothyroïdie protège le cœur. Cela signifie que cette analyse n’a pas permis de démontrer une augmentation du risque pour le critère étudié.
Deuxième résultat : une association importante avec la mortalité cardiovasculaire
Les résultats étaient différents concernant les décès d’origine cardiovasculaire.
Dans huit études comprenant 7 526 participants, les chercheurs ont trouvé un odds ratio de 2,73 (intervalle de confiance à 95 % : 2,16 à 3,43).
Autrement dit, les probabilités relatives de décès cardiovasculaire étaient sensiblement plus élevées dans les groupes présentant une hypothyroïdie.
Il serait cependant incorrect d’en conclure que toute personne hypothyroïdienne a personnellement un risque de décès cardiovasculaire multiplié par 2,73.
Cette analyse porte sur des populations différentes, dont certaines étaient déjà atteintes de pathologies cardiovasculaires graves.
De plus, une association statistique ne démontre pas nécessairement un lien de causalité.
Ce que cette étude change dans notre compréhension
Les auteurs évoquent une hypothèse particulièrement intéressante.
L’hypothyroïdie pourrait, dans certaines situations, réduire les capacités du système cardiovasculaire à s’adapter lorsqu’une maladie cardiaque survient.
Cela pourrait contribuer à une évolution plus défavorable chez certains patients déjà fragilisés.
Le message à retenir : l’hypothyroïdie mérite une attention particulière chez les personnes qui présentent déjà une maladie cardiovasculaire.
Il faudra cependant d’autres études pour déterminer dans quelle mesure une correction de l’hypothyroïdie améliore directement leur pronostic.
Source : Gatta E. et al., Endocrine, 2026.
3. Hypothyroïdie fruste : faut-il systématiquement traiter pour protéger le cœur ?
L’hypothyroïdie fruste, également appelée hypothyroïdie infraclinique, correspond généralement à une situation dans laquelle :
- La TSH est supérieure à la limite normale.
- La T4 libre reste dans les valeurs de référence.
Ce diagnostic doit être confirmé et interprété selon l’âge, les circonstances et les résultats biologiques.
Contrairement à l’hypothyroïdie avérée, où la T4 libre est basse, les bénéfices cardiovasculaires du traitement de l’hypothyroïdie fruste légère restent discutés.
Les résultats des essais cliniques
Les études randomisées TRUST et IEMO80+, dont les résultats cardiovasculaires combinés ont été publiés en 2021, ont suivi 842 adultes âgés d’au moins 65 ans.
Les chercheurs ont comparé un traitement par lévothyroxine à un placebo.
Le traitement permettait effectivement de diminuer la TSH.
En revanche, aucune réduction statistiquement significative des événements cardiovasculaires n’a été démontrée au cours du suivi.
Une nouvelle méta-analyse publiée en 2025, regroupant 11 études et 1 915 patients présentant une hypothyroïdie fruste, n’a pas non plus mis en évidence d’amélioration significative de plusieurs paramètres de la fonction cardiaque malgré la correction hormonale.
Ces résultats sont importants.
Ils montrent qu’améliorer un résultat biologique ne garantit pas automatiquement une amélioration des résultats cardiovasculaires à long terme.
Faut-il en conclure que le traitement est inutile ?
Absolument pas.
Une hypothyroïdie avérée doit généralement être traitée. Une hypothyroïdie fruste peut également justifier un traitement selon le contexte.
La décision dépend notamment :
- Du niveau de TSH et de sa persistance.
- De l’âge.
- Des symptômes.
- Des antécédents cardiovasculaires.
- Du bilan lipidique.
- De la présence d’anticorps thyroïdiens.
- D’une grossesse ou d’un projet de grossesse.
Une TSH persistante supérieure à 10 mUI/L conduit généralement à envisager plus fortement un traitement chez l’adulte, mais la décision reste individualisée.
Il ne faut donc pas transposer les résultats obtenus chez les personnes âgées ayant une hypothyroïdie fruste légère à celles qui présentent une hypothyroïdie importante ou qui n’ont plus de thyroïde.
4. Le surdosage en lévothyroxine peut-il aussi représenter un danger cardiovasculaire ?
Lorsqu’on parle d’hypothyroïdie, on pense spontanément aux conséquences d’un manque d’hormones.
Pourtant, l’excès d’hormones thyroïdiennes peut également avoir des conséquences sur le cœur.
Une dose trop importante de lévothyroxine peut provoquer un état d’hyperthyroïdie médicamenteuse.
Cet excès peut notamment favoriser :
- Une accélération du rythme cardiaque.
- Des palpitations.
- Une augmentation des besoins du muscle cardiaque en oxygène.
- Certains troubles du rythme, notamment la fibrillation atriale.
- Une aggravation de maladies cardiovasculaires préexistantes.
La fibrillation atriale est un trouble du rythme cardiaque pouvant augmenter le risque d’accident vasculaire cérébral, notamment en l’absence d’une prise en charge adaptée.
Le risque cardiovasculaire lié à l’excès hormonal est particulièrement préoccupant lorsqu’une TSH fortement supprimée persiste dans le temps, notamment chez les personnes âgées ou ayant une maladie cardiaque.
Une TSH basse n’est toutefois pas toujours synonyme de surdosage
Il existe une situation particulière : celle des personnes opérées d’un cancer thyroïdien.
Chez certains patients, les médecins prescrivent volontairement une dose de lévothyroxine destinée à maintenir la TSH sous la normale afin de réduire la stimulation de cellules cancéreuses thyroïdiennes éventuellement persistantes.
On parle alors de traitement freinateur.
Cette stratégie peut être justifiée sur le plan oncologique.
Elle nécessite cependant de mettre en balance le bénéfice attendu contre le risque de complications cardiovasculaires et osseuses.
5. Cancer de la thyroïde : les recommandations de 2025 changent la stratégie de suppression de la TSH
C’est l’une des évolutions les plus importantes des dernières recommandations internationales.
En août 2025, l’American Thyroid Association (ATA) a publié de nouvelles recommandations concernant la prise en charge des cancers différenciés de la thyroïde, notamment les cancers papillaires et folliculaires.
Ces recommandations accordent une place plus importante à la réponse réelle du patient au traitement.
Une suppression de la TSH qui n’est plus systématique à long terme
Les recommandations précédentes s’appuyaient fortement sur le risque initial de récidive pour définir l’intensité de suppression de la TSH.
Les recommandations de 2025 insistent davantage sur une réévaluation régulière de ce risque.
Par exemple, chez les patients présentant une excellente réponse au traitement, sans preuve biologique ou radiologique de maladie persistante, l’objectif peut désormais être une TSH dans les valeurs normales du laboratoire.
Chez les patients présentant une maladie persistante, une suppression de la TSH peut rester nécessaire.
Les auteurs déconseillent notamment de maintenir systématiquement une suppression prolongée de la TSH chez les patients à risque faible ou intermédiaire sans signe de récidive.
Pourquoi cette évolution est-elle importante ?
Parce que l’objectif du traitement ne consiste pas uniquement à réduire le risque de récidive du cancer.
Il s’agit également de préserver la santé globale du patient sur le long terme.
Une TSH volontairement supprimée pendant de nombreuses années peut exposer certains patients à des complications, notamment cardiovasculaires.
La décision doit donc prendre en compte :
- Le risque initial du cancer.
- Les résultats du suivi.
- La thyroglobuline et les anticorps anti-thyroglobuline.
- Les examens d’imagerie.
- L’âge du patient.
- Les antécédents cardiovasculaires.
- Les effets indésirables éventuels du traitement.
Ces nouvelles recommandations ne signifient pas qu’il faut augmenter la TSH chez tous les anciens patients atteints d’un cancer thyroïdien. Elles encouragent une adaptation individualisée du traitement.
Source : Ringel M.D. et al., American Thyroid Association Management Guidelines, Thyroid, 2025.
6. Vivre sans thyroïde : existe-t-il un risque cardiovasculaire particulier ?
Après une thyroïdectomie totale, l’organisme ne dispose plus de sa production thyroïdienne naturelle.
La substitution hormonale devient indispensable à vie.
Le traitement repose habituellement sur la lévothyroxine, qui apporte de la T4.
L’organisme transforme ensuite une partie de cette T4 en T3 dans les tissus.
Cette substitution permet à une grande majorité de patients d’obtenir un équilibre hormonal satisfaisant.
Cependant, certaines personnes continuent de signaler une fatigue importante, une récupération difficile, des troubles de concentration ou d’autres symptômes malgré des analyses considérées comme normales.
Une TSH normale suffit-elle à garantir un équilibre optimal ?
La TSH reste le principal indicateur utilisé pour ajuster la lévothyroxine dans l’hypothyroïdie primaire.
Elle constitue un outil précieux et validé.
Mais elle ne résume pas, à elle seule, tous les aspects de la santé du patient.
Le médecin doit également tenir compte de l’état clinique, des éventuels symptômes, des facteurs de risque cardiovasculaires et de la situation oncologique lorsque le patient a été opéré d’un cancer.
Faut-il mesurer la T3 libre ?
La question mérite d’être discutée, particulièrement lorsqu’une personne reste symptomatique malgré une TSH équilibrée.
Toutefois, il faut distinguer l’intérêt physiologique de la T3 de l’utilité clinique démontrée de son dosage.
À ce jour, les preuves ne permettent pas d’affirmer qu’un dosage systématique de T3 libre améliore la prévention cardiovasculaire des personnes sous lévothyroxine.
La mesure de T3 libre peut être utile dans certaines situations sélectionnées, mais elle ne remplace pas l’interprétation de la TSH et de la T4 libre.
De même, les données scientifiques ne démontrent pas qu’ajouter systématiquement de la T3 au traitement par T4 diminue le risque cardiovasculaire.
L’absence de thyroïde augmente-t-elle automatiquement le risque cardiaque ?
Non.
Le fait de vivre sans thyroïde ne signifie pas automatiquement qu’une maladie cardiovasculaire va apparaître.
Les données disponibles ne permettent pas de conclure que toutes les personnes correctement substituées après une thyroïdectomie totale présentent un risque supérieur à celui de la population générale.
L’objectif reste d’assurer un équilibre hormonal adapté et de surveiller les facteurs de risque cardiovasculaire classiques.
7. Fluctuations de TSH : quelles sont les conséquences sur le cœur ?
Certaines personnes traitées pour une hypothyroïdie connaissent des fluctuations de leur TSH au fil du temps.
Un bilan peut être normal, puis montrer quelques mois plus tard une TSH élevée ou fortement abaissée.
Ces variations peuvent avoir plusieurs explications :
- Une modification de la dose de lévothyroxine.
- Des prises irrégulières.
- Une modification des horaires de prise.
- Une interaction avec certains médicaments ou compléments.
- Des troubles digestifs affectant l’absorption.
- Un changement de formulation ou de spécialité.
- Une évolution du poids, de l’état de santé ou des besoins hormonaux.
Les fluctuations sont-elles dangereuses ?
Des périodes prolongées de sous-dosage ou de surdosage peuvent avoir des conséquences cardiovasculaires.
En revanche, les preuves restent insuffisantes pour quantifier précisément le risque propre à la variabilité de la TSH, indépendamment des niveaux hormonaux atteints et de la durée de l’exposition.
Il faut donc éviter deux conclusions excessives :
- Considérer toute fluctuation ponctuelle comme dangereuse.
- Ignorer des variations importantes et répétées du bilan hormonal.
L’objectif est de rechercher un équilibre suffisamment stable, sans multiplier inutilement les ajustements de traitement.
8. Comment optimiser son traitement pour préserver sa santé cardiovasculaire ?
Le suivi de l’hypothyroïdie doit être adapté à chaque situation.
Plusieurs mesures simples peuvent contribuer à un traitement régulier et à une meilleure prévention.
Respecter les conditions de prise
La lévothyroxine est généralement prise le matin à jeun, avec de l’eau, en respectant un délai avant le petit-déjeuner.
Une prise régulière au coucher peut également convenir dans certaines situations, à distance suffisante du dernier repas, après accord du médecin.
Le plus important est de conserver des conditions de prise constantes.
Les compléments contenant du fer ou du calcium doivent généralement être espacés de plusieurs heures de la lévothyroxine, souvent d’au moins quatre heures.
Contrôler la TSH après une modification
Après un changement de dose de lévothyroxine, un nouveau contrôle biologique est généralement réalisé au bout de six à huit semaines.
Ce délai permet à l’organisme d’atteindre un nouvel équilibre.
Lorsque le traitement est stable, la surveillance peut être espacée selon les recommandations du médecin.
Surveiller les autres facteurs de risque cardiovasculaire
L’équilibre thyroïdien est important, mais il ne remplace pas la prévention cardiovasculaire habituelle.
Il reste essentiel de surveiller :
- La pression artérielle.
- Le cholestérol LDL et le bilan lipidique.
- La glycémie et le risque de diabète.
- Le poids et l’activité physique.
- Le tabagisme.
- Les antécédents cardiovasculaires personnels et familiaux.
Un électrocardiogramme peut être indiqué en présence de palpitations, de troubles du rythme suspectés ou d’autres signes évocateurs.
En cas de maladie cardiaque connue, le suivi du traitement thyroïdien peut nécessiter une coordination entre endocrinologue, médecin traitant et cardiologue.
9. Quels signes doivent conduire à consulter ?
Certains symptômes peuvent évoquer un déséquilibre hormonal ou un problème cardiovasculaire :
- Palpitations inhabituelles ou répétées.
- Rythme cardiaque irrégulier.
- Essoufflement nouveau ou s’aggravant.
- Fatigue inhabituelle à l’effort.
- Vertiges ou malaises.
- Gonflement inexpliqué des jambes.
Ces symptômes ne sont pas spécifiques à la thyroïde et nécessitent une évaluation médicale adaptée.
Une douleur thoracique évocatrice d’un problème cardiaque, un essoufflement brutal, un malaise grave ou des signes d’accident vasculaire cérébral imposent d’appeler immédiatement les secours (15 ou 112 en France).
10. Ce que les études de 2025 et 2026 nous apprennent réellement
Les recherches récentes permettent de dégager plusieurs conclusions.
Premièrement, l’hypothyroïdie avérée peut avoir des conséquences cardiovasculaires importantes.
Elle peut notamment altérer le métabolisme lipidique, les résistances vasculaires et certaines fonctions cardiaques.
Deuxièmement, le risque associé à l’hypothyroïdie fruste est plus incertain.
Il dépend de l’âge, de la TSH, des antécédents et de la population étudiée.
Troisièmement, les essais cliniques ne démontrent pas que traiter systématiquement une hypothyroïdie fruste légère chez les personnes âgées diminue les événements cardiovasculaires.
Quatrièmement, le surdosage hormonal peut lui aussi avoir des conséquences cardiaques.
La recherche du bon équilibre doit donc éviter les déficits hormonaux prolongés comme les excès injustifiés.
Cinquièmement, les recommandations de 2025 ouvrent la voie à une suppression de TSH mieux individualisée après un cancer différencié de la thyroïde.
C’est une évolution importante pour les personnes vivant sans thyroïde.
11. Les questions que les patients devraient poser à leur médecin
Pour préparer une consultation, voici quelques questions utiles :
- Mon objectif de TSH est-il adapté à mon âge et à mes antécédents ?
- Mon traitement peut-il avoir des conséquences sur mon rythme cardiaque ou ma tension ?
- Ai-je besoin d’une surveillance particulière du cholestérol ?
- Après mon cancer thyroïdien, une suppression de TSH est-elle encore nécessaire ?
- Mes symptômes justifient-ils des examens complémentaires ?
- Certains médicaments ou compléments alimentaires peuvent-ils modifier l’absorption de ma lévothyroxine ?
- En cas de palpitations, dois-je effectuer un électrocardiogramme ?
Il est important de ne jamais modifier ou interrompre seul un traitement hormonal thyroïdien, particulièrement après une thyroïdectomie totale.
Conclusion : protéger son cœur, c’est aussi trouver le bon équilibre thyroïdien
La recherche scientifique continue de préciser le rôle des hormones thyroïdiennes dans les maladies cardiovasculaires.
Les études les plus récentes invitent à dépasser une vision trop simpliste de l’hypothyroïdie.
Une TSH élevée ne représente pas nécessairement le même risque pour tous les patients. À l’inverse, une TSH excessivement basse n’est pas toujours un objectif souhaitable.
L’enjeu consiste à rechercher un équilibre hormonal adapté à la personne, à ses antécédents, à ses symptômes et à ses facteurs de risque cardiovasculaire.
Pour les personnes vivant sans thyroïde après une opération, la question mérite une vigilance particulière.
Le traitement doit assurer une substitution hormonale satisfaisante, tout en tenant compte des objectifs oncologiques lorsque la chirurgie a été réalisée pour un cancer.
La bonne nouvelle est que les recommandations évoluent vers une prise en charge plus personnalisée, attentive à la santé globale et à la qualité de vie.
Vivre avec une hypothyroïdie ou sans thyroïde ne signifie pas être condamné à développer une maladie cardiaque. En revanche, cela justifie un suivi sérieux, individualisé et régulièrement réévalué.
Et vous ?
Vivez-vous avec une hypothyroïdie ou avez-vous subi une thyroïdectomie totale ?
Avez-vous déjà ressenti des palpitations, un essoufflement inhabituel ou constaté des variations importantes de votre TSH ?
Partagez votre expérience dans les commentaires. Vos témoignages peuvent aider d’autres personnes à mieux comprendre les questions à aborder avec leurs professionnels de santé.
Pour aller plus loin, retrouvez nos dossiers sur la vie avec une hypothyroïdie, les traitements hormonaux et le quotidien après thyroïdectomie sur Les Maux de Thyroïde.
Sources et références scientifiques
1. Gatta E. et collaborateurs (2026). Differential association of hypothyroidism with cardiovascular events and cardiovascular mortality: a systematic review and meta-analysis. Endocrine, 91, article 277. Publication : 15 août 2026. Consulter l’étude.
2. Duntas L.H. et Feldt-Rasmussen U. (2026). Hypothyroidism, atherosclerosis and cardiovascular risk prevention. Nature Reviews Endocrinology, 22, 214–227. Mise en ligne en novembre 2025. Consulter la revue.
3. Ringel M.D. et collaborateurs (2025). 2025 American Thyroid Association Management Guidelines for Adult Patients with Differentiated Thyroid Cancer. Thyroid, 35(8), 841–985. Consulter les recommandations.
4. Zijlstra L.E. et collaborateurs (2021). Levothyroxine Treatment and Cardiovascular Outcomes in Older People With Subclinical Hypothyroidism: Pooled Individual Results of Two Randomised Controlled Trials. Frontiers in Endocrinology. Consulter l’étude.
5. Méta-analyse publiée en 2025. Evaluation of Levothyroxine Treatment for Subclinical Hypothyroidism and Its Impact on Cardiac Function: A Meta-analysis. Frontiers in Oncology, 11 études et 1 915 participants. Consulter l’étude.
6. American Thyroid Association (2026). 2025 ATA Differentiated Thyroid Cancer Guidelines: TSH suppression. Clinical Thyroidology for the Public, mars 2026. Lire la synthèse destinée aux patients.
Article d’information et de vulgarisation scientifique publié sur Les Maux de Thyroïde. Les informations présentées ne remplacent pas un avis médical, un diagnostic ou une consultation personnalisée. Les résultats des études doivent être interprétés en tenant compte des populations étudiées et de leurs limites méthodologiques.
Dernière mise à jour : 13 octobre 2026.

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